L’éloignement influençait presque tout le travail du GEMRC.
Les pièces de rechange pouvaient mettre longtemps à arriver, et il était impossible de laisser le matériel immobilisé en attendant qu’une pièce de remplacement parvienne dans le Nord. Par conséquent, les deux ateliers effectuaient certaines réparations qui, normalement, auraient été réalisées à un échelon plus éloigné du système de maintenance.
L’atelier 219 développa des capacités particulièrement étendues. Outre son atelier d’usinage, il disposait d’ateliers de batteries, de radiateurs et de pneus. Son personnel suivait un principe simple : si un article pouvait être réparé, il était réparé, même s’il fallait fabriquer les pièces nécessaires.
L’atelier de batteries en offrait un exemple frappant.
Les batteries usagées étaient entièrement démontées. Les composants encore utilisables étaient récupérés, nettoyés et réutilisés. Les éléments en plomb étaient fondus puis coulés de nouveau. Chaque batterie reconstruite recevait son propre numéro de série afin qu’on puisse en suivre le rendement.
Les résultats étaient impressionnants. Selon Canada’s Craftsmen at 50, ces batteries reconstruites duraient au moins trois fois plus longtemps que les batteries neuves fabriquées en usine.
Cette volonté de remettre le matériel en état plutôt que de le remplacer était particulièrement précieuse lorsque l’installation de réparation appropriée la plus proche pouvait se trouver à des centaines de milles. L’atelier 219, par exemple, possédait le seul équipement de réglage de la géométrie des roues au nord de Fort St. John, situé à plus de 1 300 kilomètres sur la route.